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Publié : 18 novembre 2013

Alexis Chabert : un illustrateur au CDI

Après avoir travaillé sur les deux albums de "Bourbon Street" , les élèves de sixième de Mme Régnat ont eu la chance de pouvoir en rencontrer l’illustrateur.

Le vendredi 15 novembre, Alexis Chabert, illustrateur de BD, est venu à la rencontre des élèves du collège. Au programme : présentation du métier de dessinateur et explications de la conception d’une bande dessinée.

Durant la semaine précédant la rencontre, les élèves de 6C, avec leur professeur de lettres, Mme Regnat, ont travaillé sur la bande dessinée « Bourbon Street »(Grand angle). Ils ont pu, à cette occasion, découvrir l’univers des personnages cités dans cette bande dessinée lors de recherches au CDI sur le jazz, Louis Armstrong et la Nouvelle-Orléans.

Ils se sont familiarisés, en tant qu’élèves de la « classe cinéma », avec les différents types de plans à partir des vignettes de « Bourbon Street . Et ils ont, bien sûr, réfléchi à la façon dont s’élabore une bande dessinée. Ils avaient préparé des questions pour la rencontre.

Lors de son intervention, Alexis Chabert a donc répondu avec bonne humeur aux questions enthousiastes des élèves. Il leur a ainsi expliqué le parcours d’une BD de la création par l’auteur-scénariste aux différents métiers impliqués dans la fabrication (imprimeur, relieur, diffuseur…). Il est aussi revenu sur le travail du dessinateur du storyboard à la réalisation des dessins en présentant aux élèves des planches originales.

Extraits des échanges :

Comment avez-vous commencé ?

C’est un ami qui m’a dit : « Alexis, tu dessines bien...Tu devrais dessiner des Bds ». Cet ami m’a emmené voir un auteur connu qui a regardé mes dessins et m’a dit : « Il y a dans tes dessins quelques erreurs, mais ce sont des erreurs qui ont du charme ». J’ai lancé quelques projets avec mon ami et ça a marché. Mais c’est véritablement à l’âge de 12 ans que j’ai eu le déclic.
J’avais réalisé une Bd, intitulée « Noémie » avec Béka (cf : Les Rugbymen), mais l’éditeur a fait faillite très rapidement et il n’y a pas eu de suite. J’aimais beaucoup ce petit personnage...mais je n’ai jamais pu le reprendre. J’ai aussi réalisé un projet tout seul de bout en bout. L’éditeur ne l’a pas publié, mais il m’a gardé comme dessinateur.

C’était une vocation ?

Oui, j’ai toujours aimé dessiner. Mais j’aurais aussi apprécié être musicien ou acteur...

Depuis combien de temps vivez-vous de votre travail ?

Cela fait 25 ans...Mais j’ai fait d’autres métiers en parallèle. J’ai notamment dessiné de petits personnages pour la publicité .

Arrivez-vous à vivre correctement de votre travail ?

Oui. Je fais quelques illustrations en complément, par exemple le livre « L’Ame du monde » avec Frédéric Lenoir.

Où travaillez-vous ?

À la maison. J’ai besoin de calme pour dessiner.

Avez-vous besoin de matériel spécial ?

Des crayons de papier 2H , une bonne gomme, une lame pour tailler et une règle... Et bien sûr un ordinateur pour la documentation...

Vous mettez combien de temps pour dessiner une planche ?

Environ une journée. Mais cela dépend du « style » de la Bd (dessin stylisé ou très figuratif, chargé de détails...). Par exemple pour « Bourbon Street », j’ai souffert pour dessiner les instruments...Vous avez déjà remarqué le nombre de pistons qu’il y a sur une trompette ? C’est un instrument totalement tarabiscoté...

Combien de temps vous faut-il pour réaliser une BD ?

Entre huit mois et un an.

Comment travaillez-vous avec le scénariste ?

Je reçois le texte du scénariste avec toutes les indications nécessaires. Je dessine un storyboard (si on fait un parallèle avec le cinéma, j’ai le rôle du « réalisateur ») que j’envoie ensuite au scénariste. Une fois qu’il a donné son accord, je réalise les dessins qui sont ensuite envoyés à l’éditeur. Là, la bande dessinée poursuit son chemin : l’éditeur va faire réhausser le trait, le « nettoyeur » va nettoyer le dessin puis le « coloriste » va mettre en couleur. La bande dessinée passera ensuite par l’imprimeur, le relieur, puis le distributeur, avant d’arriver dans les bacs, pour le consommateur.

Et avec le coloriste ?

En fait, je n’ai pas toujours le choix. La réalisation d’une bande dessinée est un travail collaboratif entre l’éditeur et les différents acteurs. C’est donc l’éditeur qui me met en contact avec le scénariste ou l’écrivain, qui choisit le coloriste, qui décide pour une large part du titre, de la quatrième de couverture, etc...C’est aussi l’éditeur qui va définir si un projet est viable ou non (par exemple, Noémie, mon petit personnage, n’a pas été repris car il s’adressait à des enfants trop jeunes...).

Dans les BDs que vous avez réalisées, quelle est celle que vous préférez ?

Je crois que c’est la dernière, « Bourbon Street ». Pourtant, ce n’était pas mon thème de prédilection à la base. Le scénario m’a été proposé par l’éditeur et j’avais un peu peur au début ( dessins très réalistes, très précis... et donc, assez difficiles à réaliser). Mais finalement, j’en suis très très content.

Quel a été votre plus grand succès ?

« Bourbon street », justement. Elle a eu le prix du meilleur album au festival international de la BD 2012 ainsi que le prix de la meilleure bande annonce.


Bourbon Street - Cycle1, Episode 1/2 par grandangle-bd

La séance a pris fin dans une ambiance bon enfant avec l’improvisation d’un petit personnage, « Joggy », que vous pouvez admirer au CDI, suivie d’une séance de dédicace.

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